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Nos smartphones sont-ils dangereux ? La mesure des DAS remise en question

Nos smartphones sont-ils dangereux ? La mesure des DAS remise en question

Nos smartphones sont-ils dangereux pour notre santé ? A cette question, j’ai l’habitude de répondre un « Non » de manière assez certaine. Même si je ne doute pas que les ondes émises par nos smartphones puissent avoir un impact sur notre corps, je préfère attendre les conclusions des études, qui sont en train d’être menées, avant de colporter partout que les téléphones portables sont de véritables générateurs à cancer.

Car oui, pour le moment, il n’existe aucune étude qui traite des effets à long terme de l’utilisation d’un smartphone. Les seules recherches abouties sur ce sujet ont conclu qu’une exposition régulière à un appareil à fort DAS (débit d’absorption spécifique)  peut augmenter de manière significative le risque d’avoir un cancer.

Afin de se prémunir de ce danger, les constructeurs de smartphone sont désormais dans l’obligation de fournir, avec chaque appareil, un kit mains libres. Car plus votre smartphone est proche de votre corps, plus l’absorption d’ondes est importante. En parallèle de cela, les institutions ont établi un DAS maximum pour chaque appareil commercialisé. En Europe, le seuil à ne pas dépasser est de 2 W/kg pour la tête et 4 W/kg pour le corps. C’est en me basant sur ces deux mesures que je suis affirmatif quand on pose des questions sur la dangerosité de nos smartphones.

Des DAS erronés

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Oui mais … Car si je prends aujourd’hui la parole sur ce sujet c’est qu’il y a un « gros » mais. Comme expliqué, tous les smartphones commercialisés en France affichent un DAS inférieur à 2W/kg . Or il s’avère que ces mesures ne sont pas correctes. L’ANFR (agence nationale des fréquences) révèle que la législation européenne est très évasive concernant les conditions de relevé du DAS. Par exemple, la distance entre l’appareil et le corps lors de la mesure n’est pas imposée. Ainsi, les tests sont réalisés sur une distance de 15 à 25 mm, alors que notre smartphone se trouve bien souvent à moins de 1,5 cm de notre corps.

L’ANFR a alors reproduit ces mesures mais en imposant une distance maximum de 1,5 cm. Les résultats de cette étude sont tout simplement effrayants. Dans 89% des cas, la limite de 2W/kg est dépassée ! Sans citer de modèles particuliers, l’agence nationale des fréquences indiquent qu’elle a même relevé un appareil avec un DAS de 7W/kg !

Les bons et les mauvais élèves

On serait donc tenter d’imaginer que les smartphones affichant un DAS élevé sont ceux qui dépassent le plus la limite réglementaire en diminuant la distance appareil/corps. On peut notamment citer Huawei qui commercialise deux des smartphones avec le plus gros DAS (mais qui reste en dessous de la limite réglementaire), avec le Honor 8 (1,5W/kg) et le Huawei P9 (1,43W/kg) ou encore Apple avec l’iPhone 7 (1,38W /kg) .

A moins que les « tricheurs » se trouvent au contraire dans la liste des appareils avec un faible DAS comme le Samsung Galaxy S7 Edge (0,264W/kg) ou encore l’Asus Zenfone 3 (0,278W/kg).

Le métal c’est beau mais potentiellement dangereux

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Sans précisions de l’ANFR , il est difficile de tirer de conclusions sur les potentiels mauvais élèves. On peut cependant faire des suppositions en regardant le classement des smartphones en fonction de leur DAS.

En regardant de plus près, on relève que les appareils affichant les DAS les plus élevés sont ceux qui ont un design principalement composé de métal. Matière perturbant l’émission et la captation des ondes, on peut imaginer que les antennes fonctionnent à plein régime pour passer outre cette barrière, ce qui augmente la densité des ondes émises par l’appareil. A contrario, les smartphones avec un faible DAS sont ceux composés de plastique ou encore de verre.

Je vous laisserai vous même le plaisir de tirer vos propres conclusions. Ceci étant dit, il semble inévitable que la réglementation européenne doit évoluer pour mieux cadrer la mesure des DAS. On peut imaginer une distance appareil/corps, pré-établie pour les mesures, ou encore des tests dans les conditions où les antennes de nos smartphones fonctionnent à pleine puissance, comme dans un train par exemple.

Voir les commentaires (1)

1 commentaire

  1. Luc Benayoun

    3 janvier 2017 dans 14 h 45 min

    Merci pour cet article, je comprends maintenant beaucoup mieux à quoi sert le DAS et comment le considérer.

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