[Cinéma] Dune, la claque magistrale de Villeneuve ?

Dune, le film évènement de cette rentrée, est enfin en salles. Longtemps attendu, c’est maintenant l’heure de plonger dans les affres de la famille Atréide, et leur renaissance.
Avec un réalisateur au sommet, et un casting incroyable, le défi restait de taille: réussir à séduire le public de 2021 avec cette histoire dense, violente.
Est-ce que Dune arrivera à plaire ? Ma réponse se situe dans l’article, après ce voyage si particulier sous les soleils d’Arrakis.

Synopsis: 

L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…

Un voyage plus qu’un film

Dès la première scène, Denis Villeneuve nous prend par la main, et nous emmène dans son univers. Tout comme dans Blade Runner 2049, on est accompagnés, introduits à cet univers superdense créé par Frank Herbert. Une pléthore de grandes familles nobles, dirigés par un Empereur mystérieux, des planètes aussi différentes que belles, l’univers est complet. Le retranscrire en film est un défi en soi: comment poser les bases rapidement, sans perdre le spectateur ? Et réussir à maintenir un rythme nécessaire pour faire avancer l’intrigue?

C’est chose faite avec Dune, qui est une aventure se déroulant devant le spectateur, mais surtout une aventure dans laquelle le spectateur est invité à participer. La façon de tourner de Denis Villeneuve permet d’être au cœur de l’action, ce qui offre une expérience assez magistrale, grâce aux décors fabuleux, à la bande-son… Un vrai voyage en soi. Tout ce mélange de savoir-faire, c’est presque comme un chant de sirène. Ca vous absorbe, ça vous envoûte, sans trop savoir pourquoi. Et une fois que vous ressortez de la salle “Damn”.

Un cast au sommet pour Dune

L’influence de Dune dans la pop culture, et par extension, tout ce qui en dérive désormais, imposait un cast 5 étoiles. C’est chose faite, et on retrouve beaucoup de têtes connues, dont certaines qui sont à l’apogée de leur carrière.

Timothée Chalamet, qu’on a pu voir évoluer de “Call Me By Your Name”, “My Beautiful Boy”, “Le Roi”, est sur une ascension fulgurante. Ce qu’on pouvait craindre, en le voyant incarner Paul Atréide, était de jouer encore sur sa gueule de freluquet à la mode. Encore une fois, il arrive à harnacher la puissance de son personnage, et l’incarne brillamment, sans compromis. Son niveau de jeu d’acteur est vraiment impressionnant, et arrive à tenir toute la pression que subit Paul à travers ce premier film. Il y a un moment qui m’a particulièrement marqué, où un gros plan sur son visage permet d’observer le changement du Paul naïf à quelque chose de plus mature. Il grandit sous nos yeux, par obligation. C’est fort.

Autre mention à Oscar Isaac, que j’apprécie vraiment. Il incarne la définition de noblesse, dans Dune. Dans une galaxie où tout le monde se tire dans les pattes, le duc Leto Atréide aspire à une façon de régner plus juste, plus humaine. Son jeu d’acteur lui permet d’offrir une performance très réussie, royale même.

Dernière mention à Rebecca Ferguson, qui incarne la mère de Paul. Faisant partie d’une organisation assez trouble, le Bene Gesserit, avec des ramifications jusque dans les plus hautes sphères, Jessica Atréide joue un peu avec l’ordre cosmique. Et les répercussions sont immenses, probablement au-delà de ce qu’elle avait pu imaginer. Mais c’est peut-être ça qui va également la sauver. Rebecca joue avec une sensibilité fragile, et une volonté féroce, pour offrir le spectre complet d’une mère, tiraillée entre ses obligations envers son ordre religieux, et sa progéniture, si importante.

Le reste du casting est également excellent, mais n’a, à mon sens, pas autant marqué le film que ces trois personnages-là. Chacun se trouve où il doit être, et tisse un patchwork de personnages crédibles, réalistes, et terriblement efficace.

Une patte visuelle si propre à Denis Villeneuve

Des films que Denis Villeneuve a réalisé, j’ai surtout crushé sur Sicario, Premier Contact, et Blade Runner 2049. Et on retrouve un peu de tous ces films, toutes ces inspirations dans Dune, justement. Des plans-séquence pour expliquer visuellement l’ambiance, une atmosphère toujours très enveloppante (parfois pesante, parfois fascinante), des personnages hauts en couleur, Villeneuve continue dans sa lancée sans ralentir.
Et c’est génial. C’est très difficile de rendre les descriptions d’un livre au cinéma, avec autant de respect, de réalisme. Et pourtant, c’est sans sourciller qu’on voyage sur différentes planètes, avec des biomes qui leur sont propres. C’est beau, très varié, et ça me parle. Je comprends sans problème où on est, qui dirige.
Cette façon de faire, de décrire avec des images, plus que des mots, c’est particulier. Un peu documentaire, un peu romancé, les dunes prennent vie et c’est sublime.

Visuellement, c’est vraiment superbe. Qu’on passe des mers de Caladan aux centres industriels de Geidi Prime, aux sables sans fin d’Arrakis, tout est parfaitement mis en valeur, c’est quelque chose que Denis Villeneuve maîtrise et il nous le prouve, encore une fois, brillamment. Chaque décor amène son humeur, son ambiance, envoûte et laisse un arrière-goût particulier.

Une oeuvre sublime,  mais pas exempte de défauts

Si Dune réussit à séduire, à convaincre, avec son chant de sirène, il n’est pas sans défauts.
Ce qui m’a le plus refroidi, c’est les 2h36 de film. Concrètement, on retire sans souci 30-40 min au film sans que ça n’abîme l’expérience. Après, est-ce nécessaire ? Pas forcément. Mais les lenteurs dans le film se font parfois ressentir.

Scénaristiquement parlant, c’est très convenu. On assiste à un monomythe, où le héros subit et est obligé d’agir. Ce voyage initiatique est bien rythmé, mais n’innove en rien, et au final on peut voir comment l’histoire se coud un peu en avance. Est-ce dû à l’utilisation d’Epice ou simplement une volonté de faire quelque chose de cohérent, mais simple ?

Le marketing banque énormément sur les têtes d’affiche, notamment Zendaya. Et au final, de tout le cast, on ne voit pas beaucoup certains personnages, contrairement à ce qu’on pourrait penser en voyant les trailers. Dommage ? Probablement un peu, mais c’est aussi une manière de paver leur arrivée, en jouant sur une frustration.

Conclusion

Dune est une œuvre dense, compliquée à dévoiler sans présenter les bases. Ca n’en reste pas moins une expérience incroyable, sensorielle, et portée par des acteurs d’exception. Si le film a des longueurs, et certains acteurs ne sont pas aussi présents qu’on ne pourrait le penser, ça reste un film qui marque, et fera attendre avec impatience la suite !

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