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Comment la robolution nous pousse à devenir plus humain ?

Comment la robolution nous pousse à devenir plus humain ?

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un sujet qui me passionne, qui me fait peur, qui m’intrigue, qui me questionne… la robolution. C’est peut être la première fois que vous lisez ce mot (contraction de « robot » et « révolution ») mais ce n’est certainement pas la première fois que vous abordez ce sujet. Comme son nom l’indique, la robolution réunie toutes les thématiques où la robotique révolutionne ou révolutionnera notre quotidien.

Personnellement je considère même que la robolution est l’un des sujets capitaux du 21ème siècle. En fonction de notre passivité ou de nos actions, notre avenir sera conditionné à notre approche de cette évolution. Quel plaisir j’ai donc eu de découvrir que le sujet a été abordé dans le débat présidentiel. Lors de la primaire socialiste, les candidats ont échangé sur le fait que la robotisation de notre société redéfinissait la notion de travail et qu’il fallait revoir notre système de redistribution des richesses pour y faire face. Mais nous en parlerons plus tard.

La robotisation, une menace pour l’emploi ?

Tout d’abord, redéfinissons en quoi la robotisation impacte et impactera l’emploi. J’ai beau être un féru de technologie, je ne peux pas me réjouir de voir des robots remplacer des personnes au travail. Loin d’être de la science-fiction, la robotisation est déjà bien implantée dans notre société. Un agriculteur n’a plus besoin d’embaucher la moitié du village pour les récoltes, il y a des machines pour ça. La caissière de votre supermarché n’a plus besoin de répéter 100 fois par jour si on possède la carte de fidélité du magasin, il y a des machines pour ça. Mon postier n’a plus besoin de se lever à 6h du matin pour trier les lettres avant sa tournée, il y a des machines pour ça…

Alors que les politiques nous font miroiter le retour au plein emploi, le grand remplacement (je ne parle pas de celui du Front National, mais celui des humains par les robots) a déjà commencé. Et ce n’est que le début !

De nombreuses études se rejoignent sur le fait que les années à venir vont être marquées par la diffusion de la robotique dans les entreprises. On estime ainsi que d’ici 2035 , entre 35% et 50% des emplois (en fonction des pays) seront remplacés par des robots. Cela concerne les métiers pénibles, répétitifs ou encore dangereux, mais pas seulement. Ces dernières années, les spécialistes de la robotique se sont concentrés à produire des machines toujours plus intelligentes. A tel point qu’elles dépassent aujourd’hui l’humain ! Les robots peuvent donc remplacer des emplois manuels mais aussi intellectuels. Aux Etats-Unis par exemple, les médias les plus importants sont équipés de robots pour réaliser des piges, mais aussi pour rédiger des brèves. Pour avoir fait l’expérience, il n’y a aucune différence entre une dépêche rédigée par une personne et par un robot.

Une fracture encore plus prononcée dans notre société

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La robotisation va donc supprimer de nombreux emplois en tous genres, mais va également en créer d’autres. On estime que 70% des métiers de demain ne sont pas encore créés. Ingénieurs, programmeurs, concepteurs… pour concevoir des machines toujours plus performantes, les emplois liés à la robotique vont se multiplier. C’est d’ailleurs pour cela que les opérations pour l’apprentissage du code informatique aux jeunes générations se multiplient.

Mais le nombre d’emplois créés restera inférieur à celui du nombre de postes supprimés. En plus de cela se pose une question de qualifications. Malgré toute l’estime que je peux avoir pour les employés municipaux, ce n’est pas le monsieur qui balaye ma rue tous les matins qui va pouvoir configurer la machine qui va le remplacer. Le monde du travail va encore plus se segmenter avec d’un côté des personnes à forts revenus travaillant dans la robotique et de l’autre, une population précaire condamnée au chômage. Car oui, le plein emploi n’est plus réalisable !

La taxe robot de Benoît Hamon

D’un côté, c’est déjà un succès. Les politiques sont conscients de l’enjeu auquel nous sommes confrontés. Mais aujourd’hui les solutions ne sont pas suffisantes. Le problème est beaucoup plus profond et il faut revoir toute l’organisation de notre société.

Par exemple, Benoît Hamon veut établir un revenu universel. A partir du postulat que le plein emploi n’est plus possible, il a pour projet de mettre en place une rémunération minimum pour tous les citoyens afin de casser la dépendance que nous avons à l’emploi. Pour financer cette mesure, il désire appliquer une taxe robot. Cela signifie qu’une machine qui remplace 3 emplois devra cotiser à hauteur de ces trois personnes. Un véritable casse tête qui manque cruellement de logique. Imaginons qu’un technicien de surface avec un aspirateur soit aussi efficace que trois techniciens équipés de balais. Cela veut dire que l’aspirateur devra cotiser pour les deux emplois qu’il supprime ? Un système qui encourage la régression au profit du financement du revenu universel. Mais ce n’est que mon avis.

En plus de cela, la taxation à outrance de la robotique peut nous faire passer à côté de ses bienfaits. Plusieurs économistes s’accordent à dire que la robotisation de nos entreprises est l’élément qui va mettre fin à la délocalisation de la production. Grâce aux robots, un smartphone aura, à l’avenir, les mêmes coûts de production en Chine qu’en France. Si l’Etat encadre la robotisation intelligemment, les entreprises auront tout intérêt à produire aux plus proches de leurs marchés pour réduire les dépenses en transport. Dans un monde idéal, on peut même imaginer que la robotisation signe le retour de la croissance en France et une augmentation du pouvoir d’achat si la redistribution des richesses est revue.

Différencier l’emploi du travail

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Car oui, aujourd’hui, la valeur que nous apportons à la société est valorisée par l’emploi. Nous travaillons pour une entreprise qui nous rémunère en fonction de la richesse produite. Sauf que vous l’aurez compris, notre société ne peut plus fonctionner sur ce système. Il y a tellement de personnes qui aimeraient avoir notre place en CDI, que les employeurs profitent de la situation pour sous-payer ses salariés et pour pousser au maximum la productivité de chacun au détriment de son bien-être. Une situation invivable qui pousse de nombreuses personnes à entreprendre, car aujourd’hui, il n’y a pas d’autres issues que de devenir son propre patron.

Pour que cela change, il ne faut plus valoriser l’emploi mais le travail. Cela veut dire qu’une personne qui contribue à la société en dehors d’une entreprise doit être tout autant valorisée qu’un employé. Qui peut aujourd’hui dire que les clowns qui accompagnent les enfants hospitalisés créent moins de richesses pour la société qu’un comptable dans une grande entreprise ? Personne ! La réponse est que le comptable est rémunéré par une entreprise alors que le bénévole n’a que le sourire des enfants pour l’aider à payer son loyer.

Imaginons un système où le travail est valorisé par la société. Dans cette situation, les robots seraient des alliés et non plus des ennemis. Les 10% de la population mondiale qui détienne 86% des richesses ne seront plus maître de nos destins. Nous reprendrons notre autonomie. Car malgré ce que l’on essaye de nous faire croire, l’aspiration humaine est de se distinguer de ses semblables. Laissons aux robots ce qui fait de nous un chiffre dans un tableau Excel, et concentrons nous sur ce que nous pouvons apporter à la société.

C’est comme ça que je vois les choses et comment j’envisage notre avenir. La robolution n’est pas une menace, elle est la parfaite occasion de revoir un système usé et inégal vers une société plus humaine. Comme si les machines nous poussaient à retrouver de l’humanisme dans notre quotidien !

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