Ready Player One, GG Spielberg !

Steven Spielberg EST un monument du cinéma. C’est un fait.  Les Dents de la Mer, E.T, Indiana Jones, Jurassic Park, on peut dire que le bonhomme a marqué de façon durable l’écosystème du cinéma. Quand le premier trailer de Ready Player One est sorti, et qu’on a vu le nom prestigieux associé à ce projet, nos yeux se sont écarquillés. L’epicness du livre original, Player One, écrit par Ernest Cline en 2013, avec le talent du créateur de tant d’oeuvres cultes…c’est OUI ! Mais est-ce que c’est vraiment réussi ? Est-ce que l’adaptation du livre n’en fait pas trop, comme pouvait le laisser sous-entendre les premiers trailers ? A vous de le découvrir dans notre critique !

Une excellente adaptation du livre Ready Player One

Une des choses qui m’a interloqué lors de la projection, c’est l’adaptation assez libre du livre du même nom. Passées les 20 premières minutes, l’intrigue se lance vraiment, et le film prend d’énormes libertés avec le scénario original. Est-ce une mauvaise chose ? Pas forcément car le film aurait été beaucoup plus long, et plus ennuyeux. J’y reviendrais plus tard, mais ceux et celles qui ont déjà lu le livre seront assez déboussolés.

Pour le synopsis, ça donne ça:

Dans un futur proche, le monde est en proie à de nombreux soucis : crise énergétique, désastre causé par le changement climatiquefaminepauvretéguerre, etc. Dans ce monde chaotique, l’OASIS est un système mondial de réalité virtuelle, accessible par l’intermédiaire de visiocasques et de dispositifs haptiques tels que des gants et des combinaisons. Conçu à l’origine comme un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur(MMORPG), il est devenu au fil du temps une véritable société virtuelle dont toute l’humanité se sert comme d’un exutoire. Son créateur, James Halliday, est l’un des hommes les plus riches au monde. Immédiatement après son décès, une vidéo est diffusée dans laquelle il apparaît, expliquant qu’il a décidé de léguer son immense fortune, 500 milliards de dollars, ainsi que sa société, GSS, à la personne qui réussira à trouver un easter egg (« œuf de Pâques ») caché dans l’OASIS.
Wade Watts, un jeune chassoeuf, arrive à trouver la première clé, et lance une course-poursuite d’une ampleur inouie, dans l’OASIS et dans le monde réel“.
Alors qu’il y a 30 ans on n’osait même pas imaginer se créer un avatar sur les Internet, créer du contenu, se lier avec des gens qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, on découvre dans Ready Player One (livre et film pour le coup) une Terre assez morose. Des crises de toute sorte émaille la confiance qu’a l’humanité dans sa toute-puissance. Heureusement que James Halliday, excentrique créateur de l’OASIS, offre à cette perspective de vie affreuse, son univers gigantesque de VR. Il vous est dès lors possible d’être qui vous voulez, virtuellement. Une star de rock, un personnage de jeu vidéo, ou même votre propre création ? C’est totalement faisable.

Ces possibilités augmentent encore quand on sait que tous les univers créées, ou qui pourraient l’être existent dans l’OASIS. Une planète Stargate ? Possible. Une planète Seigneur des Anneaux ? Deal.

C’est dans cette profusion de réalités qu’évolue Wade Watts, chassoeuf de son état. Vie minable, pas de sous ni d’avatar surpuissant, il tente tant bien que mal de survivre à la fois dans l’univers réel et à la cours à l’Easter Egg de Halliday, avec son pote Aech. Un coup de chance assez monstrueux lui offre la solution pour trouver la première des trois clés, avec son énigme et voilà que toute sa vie change, tant online qu’IRL. Le voilà qui se fait des amis, mais aussi des ennemis. Très puissants, et qui le traqueront sans relâche pour lui arracher ses secrets, d’une manière ou d’une autre.

Un univers virtuel parfaitement maitrisé

Une des choses les plus  réussies dans Ready Player One, c’est le mélange parfait entre l’univers VR de l’OASIS, et l’univers réel. Ce qui est un vrai enjeu dans un monde où la plupart de population mondiale préfère oublier ses problèmes en évoluant dans l’OASIS.
L’équipe du film a totalement assimilé ce qu’était l’univers du jeu vidéo, et l’a retranscrit pour le bonheur de tous les gamers qui iront voir ce film. C’est une sensation assez particulière de voir un film dans lequel absolument TOUT le jargon, et ce qui se passe à l’écran, nous parle. Les références se succèdent, et on en prend plein la tronche, c’est absolument génial. Certains/certaines seront rebutés par cette avalanche quasi constante de clins d’oeil, mais à mon sens ça fait partie intégrante de l’expérience.

Outre le soin apporté aux clins d’oeil, l’univers est visuellement beau. Les quelques univers différents qu’on découvre sont ce qu’on pourrait trouver dans des jeux actuels, mais sans la même échelle. Bien évidemment les œuvres de Spielberg qui méritent leur place dans ce panthéon de l’easter egg sont présentes: Jurassic Park, E.T and co permettent à ce jeune prodige de 71 ans de prouver que ses créations s’insèrent sans effort dans cet univers.

Une approche un peu trop tout public qui gâche un peu l’expérience

Si l’auteur Ernest Cline apporte une vision assez pessimiste de l’avenir dans le livre, c’est tout l’inverse dans le film. Wade “Percival” Watts est une balise d’espoir, et tente de faire ce qu’il peut pour rester intègre, éthique. C’est tout à son honneur, et ça va avec le personnage, mais certains raccourcis scénaristiques qui en découlent sont trop simples, et gâchent un peu cet univers dense. Un peu comme si l’environnement était en Ultra, et le scénario en Easy mode.

Ce que j’ai aimé dans le livre, c’est la violence sous-jacente, la noirceur de l’humain (on le découvre beaucoup plus dans l’ouvrage que dans le film, et c’est un choix que je trouve regrettable). Tout le film est centré sur cette recherche de l’oeuf, et malgré un postulat de départ qui est intéressant, et développé dans le bouquin, très peu d’informations sont données sur l’univers autour de la VR, le monde réel en soi. Ça donne pourtant une légitimité à IOI d’exploiter les gens qui leur doive de l’argent par exemple.

On sent que le film a été pensé tout public, et ça se retrouve dans le remaniement des énigmes, qui sont très réussies, mais aux antipodes de ce que Cline a créé. Le cliché du “le gentil gagne à la fin” est certainement ce qui m’a déplu, car les personnages sont travaillés, et auraient mérité je pense d’être un peu plus dark, plus humains en somme.

 

Conclusion

Spielberg a réussi le défi d’adapter un livre déjà culte en un film qui cristallise tout ce qu’un geek moderne veut voir dans un film: des séquences épiques, un univers virtuel crédible, et des visuels sublimes. Le scénario est trop convenu, et prévisible, mais au final on en vient pas pour ça. On vient pour en prendre plein la tronche, sursauter à chaque petit morceau de notre univers qu’on découvre, et peut-être même s’imaginer dans ce genre d’univers.

Ready Player One fait largement plus que son boulot, et fusionne cinéma et jeu vidéo en une oeuvre qui s’avéra culte dès sa sortie en salle le 28 mars 2018 !

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