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Squad, ou l’anti Call of Duty par excellence

Squad, ou l’anti Call of Duty par excellence

Arrivant sur la fin annoncée de son Early Acces (fin 2017), Squad se pose comme un simulateur militaire où la coopération est prépondérante sur le compteur de frag.

Que penser de ce concurrent sur le marché du FPS militaire?

Squad, un jeu qui mérite son nom!

Avant, j’étais un fragger invétéré. Je voulais mon nom en haut du tableau des scores avec un kill ratio de fou!
Mais ça, c’était avant. Avant mon arrivée sur Opération Flashpoint, puis ArmA ensuite.

Qu’il soit posé, de fait, que ArmA II et Arma III seront toujours mes références lorsque l’on parlera simulations militaires (j’y consacrerai peut être un article un jour).

Alors, sur une échelle allant de Call of Duty à ArmA, que vaut Squad?

Si vous êtes un fan inconditionnel de C.o.D, que vous aimez faire du frag à tout va et que votre but dans la vie, ce sont les KillStreak (et, qu’accessoirement, vous avez lu le titre de l’article): passez votre chemin, Squad n’est pas fait pour vous!

Comme son nom l’indique parfaitement, pas de place ici pour les loups solitaires. Ici, on se parle. On se fait comprendre. On donne des ordres, mais on en reçoit aussi. Ici, on vous rappelle que Battlefield 2 avait une excellente idée avec son système d’escouades et de commandant, et on vous montre comment l’appliquer. Normal, me direz vous, quand on sait que les gars de chez Offworld Industries sont « simplement » l’équipe de moddeurs derrière l’excellent « Project Reality » de Battlefield 2.

A mi-chemin entre Battlefield et ArmA, 50 joueurs vont en affronter 50 autres sur une map de 8 à 18 km². Le jeu vous invite à rejoindre ou à créer votre escouade pour partir à l’assaut de point à capturer et à tenir jusqu’à épuisement des tickets d’équipe. Jusque là, sur le papier, rien de plus simple. Là ou cela se corse, c’est que pas grand chose sur votre interface ne viendra vous y aider. Vos meilleurs atouts : Vos yeux, vos oreilles, et vos collègues.

Réduit à un minimum correct sans être complètement absente, l’interface in-game vous affichera une boussole et quelques noms alliés dans votre champ de vision. Un peu de stamina et un compteur de chargeur et, grosso modo, c’est tout.

Rien que par cela, Squad vous rend vulnérable.

Une difficulté omniprésente mais pas insurmontable

Que vous jouiez une armée régulière ou bien une milice rebelle, il est temps pour vous d’apprendre à reconnaître l’uniforme de vos ennemis. Mais aussi celui de vos alliés, car le tir fratricide, comme dans la vraie vie, il y en a! Heureusement, la carte, accessible tout le temps (mais sans minimap), vous indique la position de tous vos camarades. Ainsi, quand vous voyez bouger au loin, il n’est pas systématiquement conseillé de lâcher une rafale dessus, d’autant plus que toutes les armes n’ont pas nécessairement d’optique. Et ici, pas de customisation! Tu prends ce qu’on te donne soldat! Du moins, moyennant le choix de son rôle.

Petit détail supplémentaire, tous les rôles ne sont pas immédiatement disponibles dans une escouade. En effet, alors que les rôles de base Leader, Fusiller et Medic sont immédiatement disponibles, les Grenadiers, Tireur d’élite ou autre Fusillers Automatiques ne seront disponibles que si votre escouade est assez grosse. Un petit mécanisme vous incitant fortement à vous grouper avec les autres joueurs présents sur la partie.

Bref, exit les petits points rouges au dessus des ennemis, fini les spots automatiques sur la carte qui font gagner 10 points.
Ici, un ennemi, ça se repère avec ses yeux, à sa tenue, puis ça se signale à la radio et ça se met à la main sur la carte par le chef.

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Autant reconnaître un Rebelle Taliban d’un GI américain est enfantin, autant distinguer un Russe d’un Militien, sur un fond de verdure, nécessite une certaine pratique du bousin (sources: Wiki Squad)

En deux mots: Communication & Coopération

La radio! Parlons-en.

Histoire de ne pas non plus vous laisser galérer tout seul, le dieu du jeu vidéo vous a doté de coéquipiers. Ces coéquipiers, vous pouvez parler avec eux via 3 réseaux radio :

  • Un réseau local (vous causez à tout le monde « à portée de voix »)
  • Un réseau d’escouade (pour causer à votre escouade, en tant que chef ou en tant que membre)
  • Un réseau de commandement, vous permettant de vous adresser à tous les autres chefs de squad, ou à un en particulier.

Ainsi, il vous vient très vite l’habitude, en tant que membre d’escouade, d’informer toute votre section que vous avez eu un contact au 120 par exemple, ou que vous avez vu un chenillé se déplacer vers le prochain point à attaquer… De même, en tant que chef de section, vous préviendrez toute votre équipe, que là, vous avez posé un point de respawn pour pouvoir prendre le gros des troupes ennemies à revers. Ou vous demanderez le renfort d’une autre escouade et de son AntiTank pour défendre ce fichu bunker car vous avez 2 escouades et un blindé qui vous tombent dessus!

Des modes de jeu s’appuyant sur un réalisme tactique

Comme je vous le disais plus haut, dans Squad, on ne fait pas la course au frag. Mais alors, me demanderez vous, qu’est ce qu’on fait dans ce jeu?

L’un des points forts de Squad est de ne jamais vraiment vous laisser tranquille.

Ses principaux modes de jeu basé sur du capture the flag, vous ferons démarrer d’une base principale pour aller capturer des zones blanches ou déjà contrôlées par l’ennemi. On connait tous le principe. Sauf qu’ici, pour défendre efficacement, on vous propose de renforcer le point. Le chef de squad a donc la possibilité de mettre en place différents éléments allant du point de respawn, à la base avancée quasi complète, en passant par des mitrailleuses montées, des mortiers ou autre barrières en sac de sable. Quand celui-ci a désigné les emplacements des objets, c’est aux membres de l’escouade de sortir leur pelle et de construire la fortification. Bien évidemment tout en essayant de repousser les assauts de l’équipe adverse.

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Une logique de jeu basée sur la logistique comme on en voit assez peu dans les FPS (Source : Wiki Squad)

Hors tous ces renforcements ne sont pas gratuits. Lorsque le Squad Leader pose sa FOB quelque part (Foward Operating Base = Base avancée = élément indispensable à toute construction), au milieu d’un flag ou au milieu d’une foret, celle-ci est livrée avec 100 points de munitions et 200 de logistique. Pour exemple, un mur de sac de sable coûtera 50 points, un bunker, jusqu’à 250. Ainsi, pour pouvoir renforcer correctement la place, il vous faudra vous coordonner avec une autre escouade pour que celle ci monte un convoi logistique depuis la base de départ, en prenant le volant de pickup ou de camions. Un convoi qui sera bien évidemment vulnérable tant que vous n’aurez pas sécurisé la liaison entre vous deux.

Et oui, dans la vie, rien n’est simple. Et ça, Squad l’a bien compris!

Mon avis

Offworld Industries présente leur jeu Squad comme présentant:

"Un gameplay plus rapide et fluide qu'un Arma, mais plus lent et plus captivant qu'un Battlefield"

Ma foi, je ne peux qu’adhérer à une telle présentation.

D’un côté, vous avez Arma qui s’adresse clairement à un public passionné pour être pris en main à 100%. Il ne prend vraiment toute sa mesure, à mon goût, qu’au sein d’une team qui vous fera vivre des coop dantesques (coucou mes frangins des Sons of Exiled 😉 ) mais qui vous prendra de longues heures à préparer et à jouer.

De l’autre côté, Battlefield vous fait rusher des points qui ne vous demanderons pas plus de 8 secondes pour les capturer, seul ou avec un pote. Que vous allez perdre, gagner, perdre, gagner sans grande punition. Puis 20 minutes et 20 frags plus tard, l’affaire est pliée.

SQUAD vient vraiment accueillir à bras ouvert les frustrés des deux camps.

Comptez entre 30 minutes et 1h, voire 1h30, pour chaque partie, dans laquelle vous aurez fait une dizaine de kills si vous avez de la chance. Mais vous sortirez de là avec le sentiment d’avoir vraiment participé à une mission moderne au coeur d’une foret d’Europe de l’Est ou en plein désert du Moyen Orient. Du moins quand vous serez passé outre les 2 ou 3 premières à vous demander ce que vous foutez là et sur quoi vos potes sont-ils diable en train de tirer!!

Ce jeu demande un peu d’apprentissage et de prise en main. Il vous demande aussi d’avoir un micro et de parler dedans. A ce propos, sachez, pour vous rassurer, que la communauté française est à la fois très présente et bienveillante sur ce jeu. Loin des standards de League of Legend, elle vous aidera et vous conseillera dès vos premières parties. Choisissez des serveurs francophones, entrez dans une Squad et dites seulement « bonjour » pour voir! N’hésitez pas à dire que vous débutez, à demander tel ou tel conseil sur le gameplay, et pendant les 5 minutes de marche jusqu’au premier objectif, vous en saurez déjà bien, bien plus! N’hésitez pas non plus à consulter rapidement le wiki du jeu, très bien documenté et très clair (mais en Anglais, bien que les traductions soient en cours). Ici, on forme nos noobs!

De fait, Squad réussi à nous procurer le plaisir et la satisfaction de jouer en équipe, de manière organisée, sans passer par la case « s’intégrer à une team en ligne ».

Des graphismes inégaux, mais un gameplay qui donne envie

D’un point de vue technique, le jeu n’est clairement pas à la pointe des derniers graphismes HD ou de la modélisation des visages en motion capture. Mais sans non plus taper dans le minecraft, les graphismes font amende honorable.
L’Unreal Engine 4 n’est franchement pas si mal exploité: certains effets de lumière vous blufferons parfois et que dire de l’incroyable réalisme des fumigènes qui mettent plusieurs (loongues) secondes à se déployer mais qui vous enfument un bâtiment à vous fumer du jambon! Toutefois, il en sortira un sentiment d’inégalité: les maps forestières ne sont pas criantes de vérité mais font le taff, alors que les maps désertiques ont vraiment ce « quelque chose » d’immersives. Quelques glitch à prévoir encore avec cette version Early Access: il m’est arrivé de passer sous la map pendant que je construisais un sac de sable par exemple.

L’optimisation est également encore un peu à revoir, prévoir un pc gamer de milieu de gamme au minimum.

Toutefois, misant principalement sur son gameplay résolument teamwork et, malgré ce qu’on pourrait croire, sacrément dynamique, Squad marque des points, beaucoup de points. Le système de construction est perfectible mais reste très correct dès qu’on l’a utilisé un peu. Les ravitaillements sont extrêmement simplifiés. Les véhicules ont tous un comportement bien spécifique, et alors que je trouve les blindés vraiment sympa à manipuler, les pickups semblent parfois « flotter » un peu. Ils compenseront avec leur vitesse très correcte pour aller transporter quelques troupes ou de la logistique à l’autre bout de la map, et parfois changer l’équilibre d’une partie.

Enfin, son prix actuel de 36,99€ sur Steam en fait un jeu très abordable. Bien que je ne peux que vous conseiller d’attendre les soldes du Black Friday ou de Noël, Squad ayant déjà connu quelques réductions de prix (29€).
A parté : Le temps que j’écrive cet article, mes prédictions se sont révélées exactes et le jeu est actuellement en solde à 22,19€

Le jeu se place ainsi pour moi comme l’un des seuls candidats sérieux (et vraiment bon) dans le segment des « simulations militaires ouvertes à tous ».

A bientôt, et bon jeu !

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Je ne sais pas trop bien ce que je fais, ni comment je le fais… mais je le fais avec bonne humeur!
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